« Je ne suis pas sédentaire, je cours 30 minutes tous les jours ! »

J’entends souvent cette confusion dans l’utilisation de la notion de sédentarité, l’heure est venue de clarifier ce terme qu’on entend un peu partout, mais qui reste malheureusement fréquemment mal compris.

Qu’est-ce que la sédentarité ?

Il convient tout d’abord de bien comprendre ce qu’est la sédentarité avant de discuter de ses enjeux sur la santé, car, vous le comprendrez assez vite, il est primordial de définir clairement les termes avant de procéder à quelconques analyses.

La sédentarité, à laquelle je préfère la notion de « comportement(s) sédentaire(s) » correspond à « toute situation d’éveil caractérisée par une dépense énergétique inférieure ou égale à la dépense de repos en position assise, debout ou allongée » (1).

On retrouve ces comportements sédentaires dans diverses situations du quotidien que ce soit durant notre temps de travail (par exemple dans les métiers de la bureautique, du transport et de la logistique, mais aussi dans le cadre du télétravail) ou de loisir (regarder la télévision assis sur son canapé, lire un livre au coin du feu, conduire sa voiture…).

Ils incluent uniquement les situations où nous sommes éveillés, ce qui exclut donc le temps de sommeil (qui au passage est indispensable pour une bonne santé…).

L’Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité (2) classe ces comportements sédentaires en 3 niveaux selon leur durée quotidienne :

  • Niveau faible : correspondant à moins de 3 heures par jour
  • Niveau modéré : situé entre 3 et 7 heures par jour
  • Niveau élevé : dépassant les 7 heures par jour

Le niveau élevé n’étant pas si difficile à atteindre puisqu’une étude (3) publiée en 2015 estime que 70% des Français passent en moyenne 8 heures assis par jour…

Les comportements sédentaires peuvent se cumuler de deux façons :

  • Constante et prolongée (ex : je reste assis sans bouger durant une certaine durée tout au long de la journée)
  • Interrompue (ex : je suis assis durant une certaine durée tout au long de la journée, mais je me lève pour bouger de manière fréquente tout au long de la journée)

Vous pouvez d’ailleurs vous « amuser » à estimer dans quelle catégorie vous vous trouvez et nous le partager en commentaire !

Sédentarité ou Inactivité physique ?

Attaquons maintenant le cœur de la confusion.

En effet, il est courant à ce sujet d’entendre des phrases assénées de manière péremptoire et avec conviction du type :

« Si on fait moins de x heures d’activité physique par semaine, on est sédentaire ! »

Si vous avez bien compris ce qu’est la sédentarité, cette phrase devrait vous hérisser le poil.

En effet, il y a ici une confusion entre deux notions : la « sédentarité » et « l’inactivité physique ».

Or, ils sont bien différents et il est important de bien comprendre en quoi.

« L’inactivité physique » correspond à la non-atteinte des recommandations de l’Organisme Mondial de la Santé (OMS) de pratiquer au moins 150 à 300 minutes d’activité physique d’intensité modérée ou 75 à 150 minutes d’activité physique d’intensité soutenue par semaine pour un adulte âgé de 18 à 64 ans (n’hésitez pas à consulter ce document qui recense l’ensemble des recommandations dans le détail) (4).

On est donc considéré « inactif » lorsque qu’on n’atteint pas les recommandations d’activité physique de l’OMS, et non pas sédentaire comme la citation au-dessus le dit  !

Alors que nous serons considérés « actif » à partir du moment où les recommandations de l’OMS seront atteintes.

Ce qui induit donc qu’on peut être « sédentaire » mais aussi « inactif », dans le cas où nous passons plusieurs heures par jour dans des situations où notre dépense énergétique est inférieure à celle de repos et que nous n’atteignons pas les recommandations de l’OMS.

Cas concrets

  • Exemple 1 : Sédentaire et Inactif

Je travaille la majeure partie de mon temps assis à mon bureau, puis sur mon temps libre je suis moins actif que les recommandations de l’OMS.

Et on peut tout autant être qualifié de « sédentaire » tout en étant « actif » …

  • Exemple 2 : Sédentaire et Actif

Je travaille la majeure partie de mon temps assis à mon bureau, puis une fois la journée de travail terminée je vais courir pendant 30 minutes, ou pratiquer une autre activité physique me permettant d’atteindre les recommandations.

En clair

On comprend maintenant qu’atteindre ou non les recommandations d’activité physique de l’OMS ne nous empêche pas automatiquement d’adopter des comportements sédentaires le reste de la journée…et c’est bien là le cœur du problème.

Bien entendu, moins nous allons être actif au cours de la journée, par exemple en préférant prendre la voiture plutôt que le vélo pour nos déplacements, plus cela va contribuer à augmenter notre temps de sédentarité quotidien (5).

Quelles sont les recommandations en santé ?

Les recommandations en santé vont aujourd’hui toutes dans le même sens et mettent en avant l’importance de diminuer nos comportements sédentaires, de ne pas dépasser les 2 heures consécutives en position assise ou allongée et remplacer ces temps de sédentarité par davantage d’activités physiques (4,5). Même si, et j’y reviendrai plus tard dans un autre article, il est important de bien prendre en compte le contexte de chacun avant de lui promulguer des recommandations ou des conseils faisant appel au « bon sens ».

Conclusion

La notion de sédentarité ne doit pas se limiter à l’atteinte ou non des recommandations de l’OMS.

Pratiquer ou non une activité physique ne nous empêche pas automatiquement d’adopter des comportements sédentaires le reste du temps…

De plus, la sédentarité ne se résume pas à « être assis devant la télévision » et les répercussions négatives sont aujourd’hui claires tant pour la santé des individus que pour les entreprises et la société dans son ensemble, en favorisant l’apparition des Troubles Musculosquelettiques et autres problèmes de santé (6).

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Références

  1. Sedentary Behavior Research Network, 2017.
  2. Infographies. (2021, 16 juin). Onaps.fr. https://onaps.fr/infographies/
  3. Saidj, M., Menai, M., Charreire, H., Weber, C., Enaux, C., Aadahl, M., Kesse-Guyot, E., Hercberg, S., Simon, C., & Oppert, J. M. (2015). Descriptive study of sedentary behaviours in 35,444 French working adults : cross-sectional findings from the ACTI-Cités study. BMC Public Health, 15(1). https://doi.org/10.1186/s12889-015-1711-8.
  4. OMS, 2021. Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité.
  5. ANSES (2016). « Plus d’activité physique et moins de sédentarité pour une meilleure santé. » Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
  6. Agence Européenne pour la sécurité et la santé au travail. (2021). Position prolongée d’assise statique au travail.